Optimisation On-Page

Les erreurs à éviter lors de l’optimisation des balises alt des images

Un audit SEO recommandait le même mot-clé dans les balises alt de 47 images. Résultat deux mois plus tard : un référencement dégradé. Découvrez pourquoi la balise alt n'est pas une case à mots-clés, et les erreurs à éviter.

Les erreurs à éviter lors de l’optimisation des balises alt des images

Un client m'a envoyé un jour un audit SEO de 14 pages. Sur ces 14 pages, 3 concernaient les balises alt. Et dans ces 3 pages, on lui recommandait d'ajouter « produit pas cher livraison rapide » dans l'attribut alt de ses 47 photos de catalogue. Toutes les mêmes. Mot pour mot.

Je lui ai répondu une seule phrase : « Vous voulez qu'on teste, ou vous me faites confiance ? » Il a testé. Deux mois plus tard, ses images ressortaient moins bien en recherche d'images qu'avant l'« optimisation ». Le problème n'était pas la balise alt elle-même. C'était la façon dont tout le monde la traite : comme une case à remplir avec des mots-clés.

Points clés à retenir

  • Une balise alt vide (alt="") et une balise absente n'ont pas du tout le même effet : la première dit « image décorative », la seconde laisse le lecteur d'écran annoncer le nom du fichier.
  • La bonne longueur tourne autour de 80 à 125 caractères. Au-delà, les lecteurs d'écran tronquent et vous perdez la fin de votre phrase.
  • Le keyword stuffing dans les alt est détectable et contre-productif, surtout quand plusieurs images d'une même page partagent la même chaîne.
  • L'erreur la plus fréquente n'est pas le mot-clé en trop, c'est la duplication du texte adjacent.
  • Une infographie mérite un vrai alt long, pas une phrase de six mots.
  • Un logo, une icône de réseau social, un séparateur décoratif : trois cas, trois traitements différents.

Les erreurs à éviter lors de l'optimisation des balises alt des images

Avant de lister les erreurs, un point sur le vocabulaire. La balise alt — alt pour « alternative » — c'est l'attribut HTML qui porte un texte de remplacement pour une image. Ce texte sert d'abord à un lecteur d'écran qui lit la page à voix haute pour une personne aveugle. Il sert ensuite aux navigateurs quand l'image ne charge pas. Il sert enfin aux moteurs de recherche pour comprendre ce que contient le visuel. Trois usages, un seul attribut. C'est cette superposition qui fait déraper tout le monde.

Erreur n°1 : confondre alt="" et l'absence d'attribut

J'ai vu cette confusion chez au moins une dizaine de développeurs. Ils pensent que les deux reviennent au même. Faux.

Écrire alt="" signale explicitement : « cette image est décorative, ignore-la ». Un lecteur d'écran passe dessus sans rien dire. En revanche, si vous oubliez complètement l'attribut, le logiciel de synthèse vocale annonce le nom du fichier : « hero-banner-final-v3-copy.webp ». Vocalisé. En entier. À quelqu'un qui essaie simplement de lire votre page.

La règle est simple : toute image a un attribut alt. La valeur est vide si l'image n'apporte rien, remplie sinon. Jamais d'absence.

Erreur n°2 : le keyword stuffing dans l'alt

Celle-là, je la vois partout. Un client m'a montré une page où l'alt du même visuel répétait « chaussure running homme pas cher » avec trois variantes de ponctuation. Il pensait brouiller les pistes. Il a surtout produit un texte que personne n'énoncerait jamais à voix haute.

Le test est simple. Lisez votre alt à voix haute, comme si vous décriviez la photo à quelqu'un au téléphone. Si ça sonne comme une annonce publicitaire, réécrivez.

  • Mauvais : « chaussure running homme pas cher livraison rapide »
  • Correct : « chaussure de running bleue posée sur un sentier de gravier »
  • Inutile : « image », « photo », « illustration » en début de balise
  • À bannir : la même chaîne copiée sur 40 visuels

Erreur n°3 : la même balise alt sur toutes les images

Un carrousel de douze photos de mariage avec alt="photo de mariage" répété douze fois. C'est plus fréquent qu'on ne le croit. Le problème n'est pas seulement SEO : un lecteur d'écran va annoncer douze fois la même chose, et la personne qui écoute ne saura jamais qu'il y avait douze moments différents.

Chaque image mérite sa description propre. Si deux visuels sont réellement identiques, gardez-en un seul dans le HTML.

Erreur n°4 : recopier le texte adjacent

Voici celle que je considère comme la plus sous-estimée. Vous avez une légende sous l'image, ou un paragraphe juste à côté qui décrit déjà ce qu'on voit. Et vous mettez exactement la même phrase dans l'alt.

Résultat : un lecteur d'écran annonce la phrase deux fois de suite. L'expérience auditive ressemble à un bégaiement. Côté SEO, vous gaspillez l'occasion d'apporter une information complémentaire.

Bon, comment on fait alors ? La légende raconte le pourquoi de l'image. L'alt décrit ce que l'œil voit sans le contexte. Deux angles, deux textes.

Erreur n°5 : ignorer la longueur de la balise

Il n'y a pas de limite technique. Il y a une limite pratique, liée à la façon dont les lecteurs d'écran gèrent le flux.

Longueur de l'alt Ce qui se passe Cas d'usage
0 caractère Image ignorée par les lecteurs d'écran Décoration, séparateurs, icônes purement visuelles
5 à 15 caractères Lisible mais pauvre en information Icônes avec libellé visible à côté
80 à 125 caractères Zone confortable pour la synthèse vocale Photos de contenu, illustrations éditoriales
150 à 250 caractères Acceptable si le contexte l'exige Infographies, graphiques, schémas complexes
Au-delà de 300 Tronqué à la lecture, sensation de noyade À éviter, sauf cas exceptionnel justifié

Les 80 à 125 caractères, c'est un ordre de grandeur, pas une loi. Retenez surtout la borne haute : au-delà de deux cents caractères, vous perdez votre auditoire.

Erreur n°6 : traiter tous les types d'images pareil

Il y a une différence entre une photo éditoriale, une icône de réseau social, un logo et un filet décoratif. Les traiter avec la même formule produit des absurdités.

Le logo

Si le logo est le seul moyen d'identifier la marque sur la page, l'alt doit porter le nom. Sinon — par exemple si le nom est déjà dans le titre principal — un alt="" suffit. Je vois souvent des alt="logo" qui n'apportent rien à personne.

Les icônes de réseaux sociaux

Ce sont des liens. L'alt doit décrire la destination, pas le dessin. alt="Compte Instagram de la marque" vaut mieux que alt="icône Instagram".

Les infographies

Là, l'exercice est différent. Une infographie qui synthétise cinq chiffres ne peut pas tenir dans une phrase. Deux options : soit vous décrivez ce que l'infographie démontre en une phrase longue, soit vous placez la donnée complète dans le texte de la page et l'alt renvoie vers elle. Ne tentez pas de tout dire dans la balise.

Erreur n°7 : oublier de relire ses alt avec un outil vocal

J'ai pris l'habitude de faire un test une fois par trimestre sur mes pages principales : j'active la synthèse vocale du navigateur et j'écoute. À chaque fois, je découvre au moins trois balises à corriger. Des phrases bancales, des doublons, des majuscules hurlantes, des alt qui commencent par « Image de… ».

Franchement, c'est l'exercice le plus utile que je connaisse pour progresser. On entend immédiatement ce qu'on n'avait pas vu à l'écrit.

Et la « signification » de l'alt, justement ?

Je vois passer des questions bizarres sur le sens du mot « alt », parfois détournées vers des considérations qui n'ont rien à voir avec le HTML. Dans le contexte du web, alt signifie « alternative ». Point. C'est le texte alternatif à une image, celui qu'on fournit pour les cas où le visuel ne peut pas être perçu. Aucune autre lecture n'a de sens ici.

Si vous tombez sur un résultat de recherche qui vous parle d'autre chose en cherchant « alt signification », vous êtes parti sur une fausse piste lexicale. Ce n'est pas votre sujet.

Un exemple concret avant/après

Prenons une page produit. Un sac en cuir marron, photo sur fond neutre, légende en dessous « Sac week-end 48h, cuir pleine fleur ».

  • Avant : alt="sac à main cuir marron pas cher acheter livraison"
  • Après : alt="Sac week-end en cuir marron, deux anses, fermeture dorée"

Le second décrit ce que la photo montre vraiment. Il ne répète pas la légende. Il n'annonce pas d'intention d'achat. Et il donne à une personne qui ne voit pas l'image assez d'éléments pour comprendre la forme du produit.

À quelle fréquence vérifier ses balises alt ?

Sur un site qui publie régulièrement, je prévois un passage tous les deux ou trois mois, sur les nouvelles pages uniquement. Auditer l'intégralité à chaque fois n'a pas de sens : les vieilles balises ne se dégradent pas toutes seules. En revanche, dès qu'une refonte graphique passe, il faut tout reprendre — les développeurs ont tendance à repartir des noms de fichiers bruts.

Concrètement, je demande trois choses à chaque livraison de page : un export des attributs alt, un test vocal d'une minute sur la page d'accueil, et une relecture des images de contenu uniquement. Ça prend vingt minutes et ça évite de découvrir six mois plus tard qu'un carrousel entier a été livré avec alt="banner1", alt="banner2", alt="banner3".

Ça m'est arrivé. Sur un site de 400 pages. J'ai passé un week-end à corriger. Je ne le referai plus.

Ce que je retiens après toutes ces corrections

La balise alt n'est pas un champ SEO. C'est un texte qu'un être humain va entendre. Tant qu'on garde ça en tête, les erreurs disparaissent presque d'elles-mêmes.

Ce que je retiens après toutes ces corrections

La vraie question n'est pas « quel mot-clé je place ici », mais « si je décrivais cette image à quelqu'un qui ne la voit pas, qu'est-ce que je dirais en premier ? ». La réponse devient votre alt. Elle est généralement plus courte, plus concrète et plus utile que tout ce qu'une checklist SEO aurait produit.

Et le jour où vous écouterez votre propre page à voix haute pour la première fois, vous comprendrez pourquoi je ne fais plus confiance à aucun audit de balises alt que je n'ai pas relu moi-même.

Charlotte Fontaine

Charlotte Fontaine

Charlotte Fontaine est journaliste spécialisée dans l’optimisation on-page et le référencement technique. Depuis plus de huit ans, elle couvre les évolutions des moteurs de recherche, les bonnes pratiques de structure de contenu et les aspects techniques du SEO. Ses articles abordent aussi bien les mises à jour d’algorithmes que les stratégies de maillage interne ou de performance des pages.

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